Assoiffés dans le désert


Il était une fois un vieux cow-boy qui revenait de son expédition avec son collègue blessé. Tous deux traversaient une portion du grand désert de l'Arizona. Le compagnon était bien mal en point et ne tenait plus sur son cheval. Presque inconscient, il était étendu sur sa monture et à chaque pas exhalait de sa bouche un râle inquiétant. Le cow-boy devait trouver de quoi hydrater son compère au plus vite.

Là, il trouva un cactus. En en tranchant une lamelle, il put en humecter les lèvres de son ami et presser un peu de pulpe dans sa bouche.

Bientôt, ils arrivèrent près du cours d'une rivière . Elle était plus caillouteuse que ruisselante mais un fin filet d'eau se faufilait entre les galets. Le cow-boy à grand peine fit descendre son compère de cheval et le portant sur son dos, le conduisit près de la rivière. Il l'y déchaussa et laissa le filet d'eau couler le long de ses orteils et de ses chevilles. Patiemment, il recueillait un peu d'eau dans ses paumes de main et mouillait les tempes et la nuque du blessé. Il déchira des pans de son pantalon et les réduisit en lanières. Il les plongea dans le ruisseau et les gardant les plus humides possibles les enroula et les serra dans ses sacoches.


Il remplit tant bien que mal sa gourde. Épuisé, lui aussi confia un moment ses pieds au filet d'eau. Sa vue commençait à se troubler ; la sueur coulait sur son visage ; ils ne pouvaient rester là plus longtemps. À grand peine, il remis son collègue en selle et ils reprirent leur route.


L'ami divaguait plus ou moins et ne pouvait boire sans recracher ni s'étouffer. Alors le cow-boy qui s'affaiblissait de plus en plus, courageusement, prenait petit à petit dans sa sacoche les compresses qu'il avait préparées et en entourait la tête du presque moribond. Lui remettant le chapeau sur la tête, il lui marmonnait "Tiens bon vieux, on va s'en sortir". Et déterminé, il reprenait sa route.



Les chevaux commençaient eux aussi à renâcler et à baver. La tête du cow-boy dodelinait de plus en plus ; il fut à deux doigts de tomber si les rênes et les étriers ne l'avaient pas entravé. Mais il continuait à accompagner son ami vers la vie. Il s'en remettait de plus en plus à Dieu, aux Esprits des Sauvages même, qui sait, toute aide est bonne à prendre.

Soudain au loin, des silhouettes et des tourbillons de poussière.... Fou d'espoir il se mit à crier, s'empara de son colt et tira en l'air...




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